Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
U RUMENZULAGHJU

U RUMENZULAGHJU

De tout et de rien :blog anti -cons ....

11 Avril 2010

La rumeur ........

Image and video hosting by TinyPic

 


            Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre :
            L'un d'eux, s'ennuyant au logis,
            Fut assez fou pour entreprendre
            Un voyage en lointain pays.
            L'autre lui dit : « Qu'allez-vous faire ?
            Voulez-vous quitter votre frère ?
            L'absence est le plus grand des maux :
Non pas pour vous, cruel ! Au moins, que les travaux,
            Les dangers, les soinsdu voyage,
            Changent un peu votre courage.
Encor, si la saison s'avançait davantage !
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? un corbeau
Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau.
Je ne songerai plus que rencontre funeste,
Que faucons, que réseaux. « Hélas, dirai-je, il pleut :
            « Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut,
            « Bon soupé, bon gîte, et le reste ? » 
            Ce discours ébranla le coeur
            De notre imprudent voyageur ;
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète
L'emportèrent enfin. Il dit : « Ne pleurez point ;
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ;
Je reviendrai dans peu conter de point en point
            Mes aventures à mon frère ;
Je le désennuierai. Quiconque ne voit guère
N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint
            Vous sera d'un plaisir extrême.
Je dirai : « J'étais là ; telle chose m'avint ; »
            Vous y croirez être vous-même. »
A ces mots, en pleurant, ils se dirent adieu.
Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage
L'oblige de chercher retraite en quelque lieu.
Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage
Maltraita le pigeon en dépit du feuillage.
L'air devenu serein, il part tout morfondu
Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie,
Dans un champ à l'écart voit du blé répandu,
Voit un pigeon auprès : cela lui donne envie ;
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las
            Les menteurs et traîtres appas.
Le las était usé : si bien que, de son aile,
De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin :
Quelque plume y périt : et le pis du destin
Fut qu'un certain vautour à la serre cruelle, (8)
Vit notre malheureux qui, traînant la ficelle
Et les morceaux du las qui l'avaient attrapé,
            Semblait un forçat échappé.
Le vautour s'en allait le lier ,quand des nues
Fond à son tour un aigle aux ailes étendues.
Le pigeon profita du conflit des voleurs,
S'envola, s'abattit auprès d'une masure,
            Crut, pour ce coup, que ses malheurs
            Finiraient par cette aventure ;
Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié) 
Prit sa fronde, et, du coup, tua plus d'à moitié
            La volatilemalheureuse,
        Qui, maudissant sa curiosité,
            Traînant l'aile et traînant le pié,
            Demi-morte et demi-boiteuse,
            Droit au logis s'en retourna :
          Que bien, que mal elle arriva
            Sans autre aventure fâcheuse.
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.
  Amants, heureux amantsvoulez-vous voyager ?
            Que ce soit aux rives prochaines.
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,
            Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste.
J'ai quelquefois aimé: je n'aurais pas alors
            Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,
            Changé les bois, changé les lieux
Honorés par le pas, éclairés par les yeux
          De l'aimable et jeune bergère
            Pour qui, sous le fils de Cythère, 
Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas ! Quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah! si mon coeur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ?
          Ai-je passé le temps d'aimer ?


Ca ne vous rappelle rien ?

Publié par ANTO' à 04:39am
Avec les catégories : #Société

commentaires

daniel.l 11/04/2010 20:11



...pigeon vole!,et je ne suis pas le premier à penser que les pigeons que nous sommes se font pigeonner...!



AXEL21 11/04/2010 18:24



Quand je vois ce qu'une borne à incendie te rappelle, j'hésite à interpréter...



Moustic581 11/04/2010 15:12



le pigeon , reste le dindon de la farce,  alors , entre volatile !! A++



sencaidi 11/04/2010 14:38



Les pigeons, c'est tjs nous !



ANTO' 11/04/2010 14:52



C'est une constante !



emmaelbe 11/04/2010 12:48



ah....quand on s'ennuie sans sa belle cage dorée.....



elpoueto 11/04/2010 09:55



Les fables ont toujours déténu  une part de vérité ! Quant à moi j'ai écrit ce matin une chason pour Carla ...l'amoureuse qui défend son Nicolas  ! L''aventure c'est l'aventure ...
Quand on l'aime difficile de s'en défaire, Ah ! ces amours présidentielles dont on fait toute une affaire !



evelyne 11/04/2010 09:44



je sais a quoi tu penses ,mais curieusement moi ça me fait penser au film , la femme du boulanger,tu sais la scène ou elle revient et ou raimu s'adresse a son chat pour lui faire comprendre
à elle son desarroi...


je ne sais si Sarko a un chat....(sourire)


bisesssss



ANTO' 11/04/2010 11:20



Et oui c'est vrai :c'est l'histoire de Pomponette !



TELOS 11/04/2010 07:51



çà se bécotte sur les banc publics..bans publics...comme dans la chanson